Oncle Raymond contre Tata Jacqueline
… un duel entre gastronomes pongistes
Les références à la famille sont légion pour promouvoir les produits alimentaires. La confiture est douce si elle est de bonne maman, le café est bon s’il est de grand-mère, la bière est meilleure quand on se ressert la petite sœur.
Je qualifierai dès lors les collations de compétition de la manière suivante : Oncle Raymond c’est le partenaire des sandwichs pâté-rillette du dimanche matin, Tata Jacqueline c’est le sponsor des repas d’après match des équipes du samedi soir ou du dimanche après-midi.
Mais dans ce duel fratricide, y a t-il un gagnant ? celui du bon goût ? celui qui donne force et courage ? Bref, attardons nous un peu sur ces collations qui subliment nos compétitions par équipe.
Ce que propose Oncle Raymond, c’est du lourd, du costaud. Un sandwich pain blanc sur lequel on étale de la rillette avec le couteau qui a servi à couper une part de camembert. Le couteau en ferraille de cantine qu’on n’arrive pas à user avec le temps. Ou bien le couteau au manche plastique arrondi rose translucide avec incrustation de motifs étoilés qui s’est retrouvé dans le lot désordonné de couverts offerts au club par Henri quand il a déménagé. Oncle Raymond nous fournit des protéines et des sucres rapides, mais aussi une haleine bien chargée permettant de réveiller les copings lorsqu’on vient les coacher. Oncle Raymond nous offre un projet de victoire.
A l’opposé, Tata Jacqueline nous fait la proposition d’un moment agréable autour d’une salade de riz, d’un cake au tofu, d’un dessert fait maison assorti d’un petit verre de kir pour soigner les maux de la journée. C’est un moment de discussions autour de la table, un moment de partage avec l’adversaire. On pourrait le définir comme le trait d’union entre le combat du jour et l’amitié qui rassemble les pongistes des deux équipes. Tata Jacqueline permet de réconcilier les compétiteurs d’un ‘tcho’ sur une gratte ou d’un service ‘pas levé’ qui a fait le tournant d’un match. Tata Jacqueline nous offre un projet de retrouvaille dans le sport.
Mais dès lors, quel sponsor devons-nous privilégier pour les journées de championnat ? Car il est vrai que, si chacun s’oppose, l’un et l’autre font une proposition forte intéressante !
Les mentalités du ping sont en train de changer et certaines équipes commencent à mixer les genres. Parfois moquées, certaines au NSJTT proposent désormais des bâtonnets de carotte en plus du sandwich du dimanche matin. D’autres proposent un bon pâté de tête pour l’entrée du repas du soir. Et c’est la réconciliation de Jacqueline et Raymond.
En ces temps marqués par la division et l’entre soi, le ping peut montrer la voie. C’est le sport où les handicapés jouent avec les valides, c’est le sport où les féminines rivalisent avec les masculins, c’est le sport où Pierre-Michel rencontre Mathéo, c’est le sport où la seule couleur qui compte est celle du maillot pour lequel tu joues. Oncle Raymond et Tata Jacqueline ne sont qu’une personnification, une allégorie de notre sport. Le ping est une famille. Cette salade de riz et ce sandwich pâté ne sont finalement que des bons moments qui rassemblent et font vivre notre sport !
Charles, du NSJTT


Voici un premier article inédit pour inaugurer notre super nouveau site !