LES MODES DE GOUVERNANCES DANS UNE ASSOCIATION
Comment choisir le mode de gouvernance d’une association ?
Au sein de nombreuses associations et clubs sportifs, le renouvellement des dirigeants pose parfois problème. Les adhérents se posent alors la question de savoir comment faire perdurer l’association tout en partageant les responsabilités et en favorisant la participation du plus grand nombre.
Une des solutions peut être de changer le mode de gouvernance pour une organisation plus adaptée aux besoins et au fonctionnement de l’association.
Vous ne connaissez pas les différentes organisations des associations ? Cet article vous présentera les trois modes de gouvernances des associations et les avantages et inconvénients de chacun.
Qu’est-ce que la gouvernance d’une association ?
La gouvernance d’une association correspond à son organisation et son mode de fonctionnement concernant la prise de décisions. Cela est défini librement par les fondateurs lors de la rédaction des statuts de l’association. C’est ce qu’on appelle la liberté statutaire. Les associations sont donc libres de choisir et d’expérimenter (et donc de changer) leur mode de gouvernance à condition de modifier les statuts dans le cadre prévu par ces derniers.
Elles doivent néanmoins conserver un fonctionnement démocratique et nommer un ou plusieurs représentants légaux. Le choix de l’organisation devra être en cohérence avec le projet associatif. Il faut en effet choisir un fonctionnement en adéquation avec le processus de prises de décisions et les relations de l’association avec ses partenaires. Si l’association a des salariés, il faut bien définir les responsabilités en matière de gestion des ressources humaines et prendre en compte cet aspect dans le choix de l’organisation de la gouvernance.
Le choix de la gouvernance doit aussi permettre le renouvellement et le recrutement de nouveaux adhérents afin d’assurer la pérennité de l’association. Il faut donc réfléchir également à l’intégration et l’accompagnement des nouveaux bénévoles lors du choix du mode de gouvernance.
L’organisation traditionnelle
L’organisation traditionnelle est celle qui désigne clairement un responsable (le président) et organise l’association de façon hiérarchisée.
Le bureau est composé à minima d’un président, d’un trésorier et d’un secrétaire qui ont la responsabilité de l’association. Il peut y avoir des adjoints (vice-président, par exemple) à ces trois fonctions et d’autres membres avec des responsabilités particulières.
Un conseil d’administration, composé des membres du bureau et d’autres adhérents, peut être défini pour gérer les affaires courantes.
Enfin, l’assemblée générale qui regroupe tous les adhérents est l’instance souveraine qui validera ou non les choix et les actions du bureau et du conseil d’administration.
Pour en savoir plus : Les 5 enjeux de l’assemblée générale
Les avantages de l’organisation traditionnelle
Les avantages de l’organisation traditionnelle sont :
- une répartition des responsabilités du bureau claire qui s’appuie sur un modèle « traditionnel » ;
- une lisibilité simplifiée vis à vis des institutions car il y a un président clairement identifié ;
- un partage des tâches simplifiées, en particulier s’il y a des adjoints.
Les inconvénients de l’organisation traditionnelle
Les inconvénients de l’organisation traditionnelle sont :
- un clivage entre les dirigeants de l’association et les autres membres ;
- des niveaux d’implication et de responsabilités exigeants qui peuvent freiner le renouvellement des instances dirigeantes ;
- un cloisonnement de l’information et des connaissances au sein des différentes fonctions.
La gouvernance collégiale
Dans une gouvernance collégiale, le bureau et le comité d’administration sont confondus. L’assemblée générale est toujours l’instance souveraine qui validera les choix et les actions du conseil collégial. L’instance de direction peut s’appeler conseil collégial, conseil d’administrateurs, bureau… Chaque association est libre de choisir la dénomination. Plusieurs organisations au sein du conseil sont possibles :
- les personnes du conseil collégial se partagent la présidence et sont les représentantes légales de l’association ;
- les personnages du conseil collégial ne représentent l’association que dans des domaines définis.
L’organisation de l’instance de direction sera donc plus « horizontale » grâce à un partage des responsabilités et des décisions. Elle peut prendre des formes très variées, mais elle doit être clairement explicitée dans les statuts.
Les avantages de la gouvernance collégiale
Les avantages de la gouvernance collégiale sont :
- un partage des tâches et des responsabilités entre tous les membres du conseil ;
- une meilleure cohésion et implication de l’équipe du conseil collégial, car ses membres sont partie prenante des décisions ;
- une moindre influence liée à la personnalité du ou de la président(e).
Les inconvénients de la gouvernance collégiale
Les inconvénients de la gouvernance collégiale sont :
- des difficultés pour identifier l’interlocuteur si la répartition des tâches n’est pas bien définie ;
- une moindre conscience des responsabilités, car elles sont partagées entre les membres du conseil ;
- un temps de décision qui est peut-être plus long par rapport au fonctionnement classique sur les sujets structurants et importants, car le conseil collégial comporte plus d’adhérents que le bureau classique.
L’autogestion
Dans le cas d’une association en autogestion, il n’y a pas d’instance de direction. Les décisions sont prises à la majorité. C’est l’assemblée générale qui a tous les pouvoirs pour faire fonctionner l’association et agir en son nom. Elle peut désigner un de ses membres pour la représenter dans les actes de la vie civile.
Cela implique une définition très claire et précise des différentes tâches à réaliser dans tous les domaines de compétences de l’association. Ainsi, les responsabilités sont réparties entre tous les adhérents.
Les avantages de l’autogestion
Les avantages d’une gouvernance en autogestion sont :
- une meilleure cohésion des membres, car tous sont engagés et partagent la prise de décision ;
- une plus grande implication des adhérents, car ils ne sont pas dans une position de « clients » vis à vis de l’association ;
- une valorisation des expériences et innovations, car il n’y a pas de modèle de fonctionnement en autogestion.
Les inconvénients de l’autogestion
Les inconvénients d’une gouvernance en autogestion sont :
- un temps de décision plus long et donc parfois un manque de réactivité, car tous les adhérents doivent être consultés ;
- une difficulté à s’affranchir des modes de gouvernance classiques ;
- une difficulté à intégrer les nouveaux adhérents et à leur permettre de s’approprier le mode de gouvernance s’il n’est pas bien explicité ;
- des difficultés de fonctionnement si les responsabilités ne sont pas clairement définies.
Chaque association a donc le choix de mettre en place le mode de gouvernance qui lui convient en fonction de sa taille et de son projet. Les seules conditions sont le respect des statuts, l’accord de l’assemblée générale si les statuts doivent être modifiés et la déclaration en préfecture.
Chaque gouvernance présente des avantages et inconvénients ; la condition essentielle à un bon fonctionnement est une communication claire, efficace et respectueuse entre ses membres. Pour en savoir plus sur le fonctionnement du NSJTT, n’hésitez pas à contacter le collectif bénévole !
Sources :
L’organisation collégiale, La ligue de l’enseignement
Webinaire gouvernance, la ligue de l’enseignement
