L’ÉVOLUTION DES SECTIONS SPORTIVES FÉMININES, FOCUS SUR LE TENNIS DE TABLE
Pourquoi les équipes féminines sont au cœur du projet sportif du NSJTT
Les femmes et la pratique sportive, des débuts difficiles.
« Le sport féminin a sa place dans la vie sociale au même titre que le sport masculin » Cette phrase est prononcée en 1917 par Alice Milliat. À la même époque, Pierre de Coubertin a déclaré « Aux Jeux Olympiques, leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs. »
La Nantaise est reconnue pour être l’une des militantes les plus acharnées pour la reconnaissance du sport féminin au niveau international. Elle ira jusqu’à créer, en réponse aux déclarations de Pierre de Coubertin et devant le refus de celui-ci d’inclure des femmes dans certaines épreuves sportives, les premiers Jeux Olympiques internationaux exclusivement féminins en 1922 à Paris.
Cet acte va progressivement ouvrir la voie à l’intégration des femmes dans les épreuves sportives. Aux Jeux Olympiques de 1928, 277 femmes vont participer à la grande fête du sport. Cependant, les événements tragiques de la seconde moitié du XXe siècle viendront freiner cet élan. Il faudra attendre les Jeux Olympiques de 2008 pour que les femmes aient le droit de disputer le même nombre d’épreuves que les hommes (hors 50 km marche). En 2024, aux Jeux Olympiques organisés à Paris, pour la première fois de l’histoire, la parité sera vraiment respectée. Les athlètes féminines disputeront le même nombre d’épreuves que leurs homologues masculins.
Le Tennis de Table, en avance sur l’intégration des femmes.
Les sportives féminines devaient souvent faire face à l’hostilité des instances pour prouver qu’elles avaient leur place au même titre que les hommes. Comment cela s’est-il passé dans le monde des pongistes ?
Bien que considéré au début comme un sport plutôt masculin, le tennis de table fait figure de bons élèves, et a immédiatement intégré les femmes aux compétitions. Lors de la première compétition officielle de tennis de table, qui s’est déroulé à Londres en 1902, sur les 236 participants, 116 étaient des femmes !
Constance Bantock brille sur ce championnat, et éditera même un livre « How to play ping pong », dispensant ses meilleurs conseils pour toutes les femmes désirant pratiquer cette discipline.
Le double mixte fut même introduit dans les tournois et dans les championnats de tennis de table à partir de 1926 !
On compte d’ailleurs à cette époque la 1ʳᵉ championne du monde de l’histoire pongiste, la bulgare Maria Mednyànszky, qui remporta le titre cinq fois d’affilée, entre 1926 et 1931. Pour l’époque, où dans certaines disciplines sportives, les femmes n’étaient pas admises, le monde pongiste a fait figure de précurseur. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Le label Ping au féminin.
La FFTT (fédération française de tennis de table) compte 200 000 licenciés, parmi lesquelles 16 % de femmes. Pour faire monter ce nombre, la fédération a créé un programme de développement baptisé Label Ping au féminin. Ce label récompense les projets menés en faveur de la valorisation du tennis de table féminin, en compétition comme en loisir. Plusieurs critères sont évalués pour avoir droit à ce label :
● La présence de femmes dans l’encadrement (arbitre, entraîneur).
● Au sein de l’équipe dirigeante.
● Présence de créneau réservé aux femmes.
● Organisation de tournois féminins.
● Mise en place de tarification préférentielle.
Chez NSJTT, nous sommes fiers d’avoir obtenu le label Ping au féminin en 2015.
Avec ce label, nous avons été récompensés sur nos efforts pour la mise en avant et la promotion du tennis de table féminin.
Le tennis de table professionnel, un univers sexiste ?
Des efforts sont indéniablement établis depuis quelques années pour faciliter et valoriser la pratique féminine. Sur le terrain, les championnes ont-elles souvent fait face à des comportements sexistes ?
Plusieurs pongistes ont été interrogées à ce sujet et voici un florilège de leurs réponses ; certaines d’entre elles affirment avoir déjà été confrontées au sexisme de leur partenaire, notamment en double mixte. En effet, certains de leurs homologues masculins peinaient à accepter de perdre face à une adversaire féminine. Mais, ce n’est pas le cas pour toutes. D’autres avouent n’avoir jamais été confrontés à de tels problèmes.
Toutefois, toutes sont unanimes, les inégalités salariales sont présentes, les hommes étant payés au moins trois fois plus que leurs homologues féminines.
Le label ping sert aussi à cela, inclure de plus en plus de femmes au sein des instances dirigeantes, afin que les inégalités qui subsistent encore s’effacent progressivement.
Prithika Pavade, l’avenir du tennis de table féminin
Aux Jeux Olympiques de Paris, en 2024, le monde pongiste fonde beaucoup d’espoir en Prithika Pavade. La jeune fille est octuple championne de France de tennis de table catégorie jeunes, et a été la plus jeune athlète française à participer aux Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo !
C’est avec sa coéquipière Camille Lutz, aux championnats du monde junior, en décembre 2019, que Prithika Pavade remporte la première médaille mondiale de la France chez les féminines. Tous les regards seront posés sur elle aux JO 2024.
L’évolution de la place des femmes au sein de nombreux sports s’est faite lentement. Il a ainsi fallu près de 100 ans après les premiers JO pour atteindre la parité en nombre d’épreuves disputées. Il est important de continuer à valoriser la pratique féminine, pour que l’inclusion soit totale. Parce que l’inclusion, le dépassement de soi font partie des valeurs véhiculées par le sport et par notre club.
Sources
Clotilde Boutet 3/11/2021 https://ablock.fr/il-etait-une-fois-le-tennis-de-table-feminin/
https://www.fondationalicemilliat.com/alice-milliat
https://conseilsport.decathlon.fr/paroles-de-championnes-les-filles-dans-le-monde-du-ping-pong

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