LES EFFETS DU SPORT SUR LE PSYCHISME : IMPACT MAXIMAL
« Dans la famille, on est tous sportifs ! » Et « on » a bien raison. Et vous, vous êtes plutôt raquette, ou raclette ? Le sport, c’est bon pour garder la forme et se remettre de nos écarts diététiques, coupables ou assumés.
Mais pratiquer une activité physique, c’est aussi, surtout, peut-être, garantir un esprit clair, un moral au beau fixe et des performances au top. Découvrez les effets surprenants du sport sur le psychisme des adeptes de 7 à 77 ans, et au-delà !
Les effets du sport sur le psychisme : un corps sain pour un esprit sain
La pratique du sport et son impact sur les neurones font, depuis plusieurs années, l’objet de nombreuses recherches. La neurobiologie et la neurophysiologie, notamment, se sont emparées du sujet, et étudient avec succès les processus cognitifs générés et développés durant l’activité physique. En clair : lors d’une séance de sport, le cerveau connaît des modifications neuronales significatives, accompagnées d’une amélioration notable des performances.
Malheureusement, la sédentarité contemporaine nuit au développement du cerveau chez les jeunes enfants et les adolescents tandis qu’elle accélère la détérioration des capacités cognitives chez les personnes âgées.
Enfants et adolescents : une construction pour la vie
Les habitudes prises dès le plus jeune âge perdurent et ont un effet durable tout au long de la vie. L’activité physique aide les jeunes dans leur développement en les rendant plus aptes à affronter les multiples changements et les nécessaires adaptations à l’environnement auxquels ils sont confrontés tout au long de la croissance. Les activités aérobiques (courir, sauter, etc.), si naturelles dans les jeux enfantins, sont particulièrement essentielles à une évolution optimale des jeunes. Pratiquées au quotidien, de manière ludique, ou en club, au sein d’un centre de formation, elles laisseront une empreinte indélébile sur leur cerveau.
C’est d’autant plus important qu’un développement cognitif adéquat, tôt dans l’existence, contribuera à améliorer leur bien-être et leur santé mentale à l’âge adulte.
Pratiquer une activité physique : le capital fraîcheur des seniors
En vieillissant, les capacités physiques et cognitives déclinent, compromettant le fonctionnement normal et l’autonomie. De plus, des événements comme la retraite, les dégénérescences naturelles liées à l’âge et parfois, l’isolation sociale subie lorsque les êtres chers disparaissent, accélèrent le processus. Encourager les activités aérobiques et/ou cardio-respiratoires des aînés, c’est :
- maintenir force physique et masse musculaire ;
- stimuler les capacités aérobiques ;
- préserver la mémoire spatiale et l’équilibre ;
- booster la qualité de vie en maintenant le tissu social ;
- améliorer l’adaptabilité devant un quotidien incertain.
Enfin, les actuelles pistes de recherches suscitent bien des espoirs : le sport créerait un véritable bouclier de protection, ralentissant fortement l’impact du vieillissement. En limitant la détérioration du cerveau, il protégerait les fonctions neuronales des seniors et maintiendrait des facultés mentales optimales plus longtemps. De quoi espérer combattre efficacement, à terme, des maladies neuro‑dégénératives telles les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer.
Athlètes de haut niveau : le cercle vertueux de la performance
Pourquoi parler d’un cercle vertueux ? Si, contrairement aux idées reçues, le cerveau n’est pas un muscle, il interagit constamment avec l’ensemble du système musculaire. L’optimisation du fonctionnement du cerveau, et l’intégration dans les processus d’entraînement, de la santé psychique des athlètes, masculins comme féminins, améliorent les performances. Plus encore, ces facteurs sont prédictifs de leurs résultats en compétition. En retour, le sport de haut niveau, en exigeant acuité de l’attention, prise en compte de multiples variables et adaptation à des situations mouvantes, oblige le cortex cérébral à une très grande plasticité. Un mécanisme d’horlogerie qui nécessite donc, de la part des équipes encadrantes, un accompagnement attentif.
⏩ Pour aller plus loin : La relation entraîneur-entraîné chez les sportifs
Impact de la pratique sportive sur la vie sociale et professionnelle
Pratiquer un sport influe sur la production et la régulation de plusieurs hormones essentielles à notre activité psychique. De la salle de sport au bureau, elles régulent humeurs et performances.
Dopamine, adrénaline, endorphines : un triplé haute performance
La circuiterie corps‑cerveau est infiniment complexe : à chaque instant, notre corps envoie des informations cruciales à notre matière grise. En réponse, nos cellules sécrètent des substances chimiques indispensables au fonctionnement de nos organes : les hormones. L’activité physique stimule, parmi d’autres, trois hormones‑clés du psychisme :
- La dopamine est l’hormone de la bonne humeur et du plaisir. Elle est un véritable régulateur anti-coup de pompe. Plus nous nous dépensons physiquement, plus le cerveau en libère. Ses effets sont cumulatifs et se font sentir durablement.
- L’adrénaline, ou « hormone du stress ». Sous ce vocable un brin inquiétant, se cache de merveilleuses propriétés. C’est elle qui nous booste dans nos activités sportives. Elle aussi, qui nous met en action dans des situations de danger, au propre comme au figuré. Ressentir ses effets positifs au cours de séances de sports permet de mieux comprendre son rôle bénéfique dans la vie courante, et de ne plus en craindre les poussées.
- Les endorphines. Hormones « anti-stress », elles agissent de manière assez semblable aux opiacés, sans les effets secondaires de ces derniers. Elles envoient dans l’organisme des sécrétions anti-douleur et agissent sur le système de récompense du cerveau, lors, par exemple, des efforts extrêmes. Addictives, on en retrouve l’impact chez les sportifs comme chez les grands décideurs ou les traders.
Le sport-plaisir : des effets jusque dans l’open space
Le sport, outre maintenir en forme, permet une meilleure gestion du stress au travail et des situations parfois tendues de la vie professionnelle. La pratique d’un sport d’équipe, notamment, enseigne la cohésion et l’esprit de groupe, qualités indispensables pour le collectif d’une entreprise. Les managers ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : organisation de tournois, marathons, matchs amicaux, autant d’occasions pour eux d’exalter les valeurs du sport au service de l’entreprise.
Cependant, le sport n’est pas seulement un superbe outil de partage de sensations et d’objectifs communs. Concentration, détermination, focus, esprit de compétition : ces attributs, qui font de tout sportif un athlète performant, sont semblables à celles requises dans l’environnement professionnel.
Nul besoin de pratiquer comme un champion olympique : mieux vaut bouger tout au long de la journée et s’adonner au sport‑plaisir. Le choix est immense et adapté à tous les âges et conditions physiques. Natation, Zumba, tennis de table, marche nordique… chacun trouvera l’activité qui lui convient.
Mais lorsque la lumière baisse et que les jours raccourcissent, lorsque les frimas pointent leur museau et nous laissent le moral en berne, le sport est le meilleur allié de notre psychisme et de notre bien‑être au quotidien.
Sources :
Physical Activity, Sports Practice, and Cognitive Functioning: The Current Research Status
Endorphines : qu’est-ce que c’est ?
The Impact of Exercise on Hormones Is related to Autonomic Reactivity to a Mental Task
